— Un grand évènement participatif éphémère —

Le Park(ing) Day est un grand rendez-vous international, au cours duquel chacun peut façonner son milieu et devenir à sa manière un design urbain. Au cours de cette journée, chacun peut participer à sa manière à un grand projet, revendiquant un meilleur partage de l’espace urbain, et une vision stimulante de la ville, décomplexée, multifonctionnelle, participative, et avant tout avec moins d’espace réservé à l’automobile.

Devenue désuète au fur et à mesure qu’elle s’est transformée en un espace monofonctionnel de transit automobile, la rue représente un immense espace en friche à reverdir et reconvertir collectivement.

(photos des éditions précédentes du Park(ing) Day, source)

Cette journée aurait pu passer pour un simple délire d’artistes ou de designers, une journée « pour le fun », mais elle prend toutefois un sens particulier avec l’émergence de l’urbanisme tactique, mouvance émanent d’une volonté d’intégrer plus de spontanéité dans la planification urbaine. Malgré une apparente économie des moyens, ces interventions qualifées de «lighter, quicker, cheaper» ou encore DIY (Do It Yourself) ont un impact réel et ciblé sur l’espace urbain et les communautés. Au Québec, cette tendance s’exprime depuis un certain temps dans les cours arrières avec les ruelles vertes, mais l’émergence de nombreux collectifs de designers ou simples citoyens, et des exemples comme le Champ des Possibles, le Pigeon Hall Renewal, le Marché Solidaire Frontenac ou Gilford En Vacances prouvent un désir commun de renouveau qui s’exprime de plus en plus publiquement.

Gilford En Vacances, Montréal 2012

 — Des impacts durables —

Aujourd’hui, ces actions revendicatrices d’un espace urbain nouveau ne restent plus dans l’anonymat et ont réellement un impact sur la manière dont les villes du XXIe siècle se façonnent. Loin des théories, l’expérimentation participe aujourd’hui pleinement au dynamisme et au renouvellement des villes. L’action spontanée est devenue une composante à part entière des outils de planification et est accessible à tous, autant les municipalités que les citoyens.

Park(ing), par Rebar, San Francisco, 2005

 

Pour se convaincre de l’apport durable de l’expérimentation, il suffit de se pencher sur l’historique du Park(ing) Day. Le mouvement a débuté en 2005 avec Rebar, un groupe d’artistes de San Francisco, qui installèrent du gazon, un arbre, un banc et une clôture à la place d’un stationnement en réponse au constat suivant :

« more than 70% of San Francisco’s downtown outdoor space is dedicated to the private vehicle, while only a fraction of that space is allocated to the public realm. » (source)

En réaction à ce mouvement s’amplifiant à chaque année, la ville de San Francisco inaugura en 2010 le premier parklet, mini-parc remplaçant de manière permanente des cases de stationnement sur rue. Si cette nouvelle typologie d’espace public s’apparente au départ beaucoup aux terrasses de restaurants sur rues, elle s’émancipe maintenant de plus en plus dans de nouvelles formes plus créatives. La différence majeure étant le caractère public de ces espaces qui ne relèvent pas de la logique commerciale. Il est donc désormais possible de s’y installer sans obligation de consommer, d’emporter sa glacière et des amis pour y pique-niquer… c’est la redéfinition de la rue comme un espace fondamentalement vivant plutôt qu’un simple lieu de passage.

Parklet à San Francisco, 2011, photo ADUQ

 

Parklet à Vancouver, 2012, source

Aujourd’hui, les parklets prolifère partout en Amérique du Nord, de Chicago à Vancouver en passant par Portland (et même Montréal et Toronto depuis 2013). Au-delà de cette application permanente, le Park(ing) Day reste en perpétuelle recherche de nouvelles manières d’occuper l’espace urbain.

— Des possibilités infinies —

Au delà de cet exemple, c’est tout l’espace présentement dévoué au stationnement qui est amené à être reconfiguré. Ce qu’on y décèle, c’est l’émergence d’un nouveau type d’espace public typiquement nord-américain, adapté à nos rues souvent très larges ainsi qu’au manque de réelles places publiques. On y voit l’émergence d’une densification et d’une diversification des usages de la rue.

« The parklet shows the potential to use parking spaces to accomodate far more street users than the two cars that the space would have otherwise been used for. » (source)

Les stationnements peuvent de plus en plus être perçus comme des lots vacants, pouvant accueillir toutes sortes de projets potentiels. Le Park(ing) Day permet chaque année de répondre un peu plus à cette question : « what would you like to see built here », en quoi ces espaces pourraient-ils être transformés ?

rédigé par Jérôme Glad,
Membre de l’équipe ADUQ
 
 

Une réponse à “Le Park(ing) Day, « when we’re all urban planners »”

  1. […] Le Park(ing) Day, « when we’re all urban planners » – ADUQ Le vendredi 21 septembre, une multitude d’interventions urbaines spontanées émergeront dans le paysage urbain. Le Park(ing) Day, journée internationale au cours de laquelle tout le monde peut devenir designer urbain, permettra à tous de participer à un grand projet commun et de revendiquer une vision nouvelle d’un espace urbain décomplexé, multifonctionnel, communautaire, stimulant, et avant tout, sans voiture. Après s’être attaqué à la reconversion des zones industrielles, on s’attaque maintenant à la réappropriation de la rue qui est devenue désuète au fur et à mesure qu’elle s’est transformée en un espace monofonctionnel de transit automobile. First spotted on Designboom , this whimsically illustrated guide on tiny home living is an extreme DIY take on the tiny home trend . […]

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