« Power is now back on in most of Manhattan, but this image shows how drastically our world was changed last week » via Project for Public Spaces

Les bouleversements qui se sont produits la semaine passée à New York ont poussé les résidents à adopter un nouveau mode de vie, et dans l’adversité, ils auront certainement apporté un certain nombre de leçons. Les habitants, tout comme de grands blogues tels que Project For Public Spaces et The Atlantic Cities, ont suivi ces phénomènes spontanés, et en ont fait le récit tout au long de cette semaine hors du commun.

Transports alternatifs

Le métro plongé dans les « abysses » (cliquez sur les images pour voir les articles qui y sont liés) 

D’abord la fermeture du métro, puis les rues entièrement congestionnées, et enfin la crise de l’essence, ont donné lieu à d’impressionnants mouvements de foules, de personnes empruntant les mêmes directions à pied. Les populations ont découvert leurs nécessités communes de déplacements. On a tous un jour pu observer que quand une panne majeure de métro survient, les barrières de l’anonymat tombent dans les navettes de remplacement, et on observe d’avantage d’interactions sociales qu’à la normale ; les usagers qui partagent alors une même galère prêtent leur téléphone, essayent de s’informer auprès des autres, ou discutent tout simplement plus facilement. Cette semaine à New York, ce phénomène a été vécu à l’extrême et sur une laps de temps conséquent.

Rencontrer ses voisins dans la file d’attente pour monter dans le bus

La perte de moyens a mené les voisinages à s’adapter par le covoiturage et le partage de vélos. Les heures de pointe des transports ont été remplacées par de longues marches, des foules à vélo, et la traverse massive des ponts par les habitant et non simplement les touristes. Le post-Sandy a été marqué par cet instant exceptionnel, un peu hors du temps, où chacun a un peu redécouvert sa ville, et la réelle notion des distances et de la proximité.

« literally thousands and thousands of people walking (and biking) to and from Manhattan. it’s a great time to meet your neighbors! », Nick Normal, résident du Queens.

« With no subways and gridlocked Manhattan streets, people took to walking and biking over the Williamsburg Bridge to get to Brooklyn » 

La crise des transport s’est encore plus aggravée au fur et à mesure que la semaine avançait, avec la pénurie d’essence. Pas seulement les automobilistes mais également tout le service de taxis s’est retrouvé paralysé. Cet apogée de la crise apportera certainement une part d’enseignements, à en croire ces deux articles ; le premier racontant qu’un gérant de station essence n’avait rien d’autre à répondre à ses clients paniqués que « mettez vous au vélo ! », et le second mettant de l’avant que la crise des taxis aurait pu être évitée grâce à une flotte hybride :

« NYC had a plan for an all-hybrid taxi fleet, but the courts said no. Now in a city low on fuel, some are wishing that decision had gone differently. » The Altantic Cities.

File d’attente et pénurie à une station essence

Toute cette crise aura certainement démontré la dépendance de la métropole aux transports, une forme « d’esclavage de la distance » et la déconnexion fondamentale entre le lieu d’habitat et le lieu de travail.

Commerces de proximités et esprit de communauté

Dans une très grande portion sud de Manhattan, un nouveau quartier est né, uni par une même identité : l’absence d’électricité, durant presque une semaine entière. Les habitants se sont alors réunis autour de nécessités communes, et les commerces ont joué un rôle rassembleur important.

Unique lumière dans Soho 

« Electric light has become an important part of human interaction » http://www.pps.org/how-downtown-adapts-to-the-darkness/

Alors que les grandes chaînes commerciales (McDonald’s, Starbuck) se sont désengagées et subsistaient toutes fermées, les commerces de proximité ont engagé le réveil des populations et l’entraide au lendemain de la catastrophe ; ils ont été les premiers à réouvrir et redonner vie aux quartiers, en offrant des services de première nécessité.

« Like Jane Jacobs said in « Death and Life of great American cities » these small businesses are the eyes that are taking care of our neighbourhoods » décrit Rafa Iniesta, résident de New York.

L’absence d’électricité a transformé certains de ces commerces munis de génératrices en lieux de rassemblement primitifs, apportant la sécurité la nuit et permettant le jour aux résidents de se procurer le minimum vital et de recharger leurs téléphones pour pouvoir rejoindre leurs proches.
Pizzeria fonctionnant sur une génératrice
  »Generator station at a solitary, open coffee shop » 

Les food trucks, possédant des réserves en nourriture et des génératrices, ont également joué un rôle important grâce à des distributions de nourriture gratuite dans les quartiers les plus touchés.

« It is at these times [after a major disaster] that community spirit, leadership, volunteering, and entrepreneurship come to the fore and we see a rapid increase in community capacity in response to adversity. Often this capacity is long lasting as the community discovers that it can self-manage many issues and has the community spirit and optimism to determine its own destiny. » 

http://www.pps.org/re-thinking-resilience-what-disasters-teach-us-about-community-capacity/

L’après-Sandy a donné lieu à toutes sortes d’initiatives pour pallier aux besoins de première nécessité et a renforcé un esprit de voisinage, de proximité, s’attachant à des valeurs essentielles à cet instant partagées par tous. Avant que la routine et l’anonymat de la métropole ne reprennent son court, New York et ses résidents sauront certainement tirer des leçons de cette semaine, en se demandant notamment : faut-il vraiment attendre une catastrophe naturelle pour s’ouvrir et se rassembler ?

« I was struck by adaptability and endurance of the urban experience. People were defining new norms for social interaction, on the fly. Behavior toward key aspects of city life–individuality, mobility–were adapting to extreme conditions » http://www.pps.org/how-downtown-adapts-to-the-darkness/

rédigé par Jérôme Glad,
Membre fondateur de l’ADUQ
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