Une des missions de l’ADUQ, un objectif au cœur même de la définition du design urbain, qui est d’encourager l’implication citoyenne aux processus participatifs d’aménagement du territoire, fut l’un des sujets de l’actualité de l’été 2013. En juin de cette année, furent mises en branle les consultations publiques pour le Plan de développement de Montréal (PDM), présidé par l’Office des consultations publiques de Montréal (OCPM). Pour mener à bien le PDM, un projet d’envergure, l’OCPM a procédé à un énorme travail de diffusion, un travail qui a récolté ses fruits car ces consultations ont battu des records de participation citoyenne. Néanmoins, la majorité de la population possède une connaissance floue ou incomplète des tenants et aboutissants d’une consultation. C’est pourquoi l’ADUQ saisit cette opportunité qu’offre l’actualité, de vous informer davantage de l’historique de ce processus participatif.

Le tout prend naissance en 2001, lors de l’élection du maire Gérald Tremblay. Dès les premières semaines de son mandat, ce dernier a invité la fonction publique municipale et les représentants de la société civile à ce qui fut intitulé le « Sommet de Montréal », pour convenir d’une vision commune du devenir de la ville. Ses intentions visaient l’inclusion et la mobilisation des citoyens dans les projets de la ville pour améliorer la qualité de vie à Montréal. Par cette politique de consultation du municipal auprès des citoyens, un processus qui est maintenant régit par l’Office des consultations publiques de Montréal (OCPM), la Ville de Montréal a reconnu que tous possèdent le pouvoir d’influencer les décisions qui les touchent et de participer au développement collectif de leur localité.

Une consultation se veut l’établissement d’une relation bidirectionnelle entre l’appareil municipal et les citoyens1. Obligatoirement, lors de la mise en place d’une consultation, la ville doit tenir des séances d’informations sur le projet à l’étude à propos du contexte, des problématiques, des solutions déjà envisagées, etc. Par la suite, le processus offre un espace où les citoyens, à titre personnel ou au nom d’un groupe ou d’un organisme, peuvent exprimer leurs préoccupations, attentes, commentaires ou leurs opinions, cela, dans le but d’aider les commissaires de l’OCPM responsables du projet à prendre les meilleures décisions possibles pour le bien collectif. C’est un outil qui est sans précédent en Amérique pour mieux connaître les attentes et préoccupations d’une population pour la planification des activités d’une ville et pour en faciliter l’accueil. L’ensemble de cette démarche est ce qu’on appelle le processus d’acceptabilité social2.

Toutefois, ce n’est pas une procédure systématique, c’est aux élus d’évaluer l’opportunité de l’application d’une consultation. Suite au Sommet de Montréal, il s’est fallu une attente de 4 ans, soit en 2006, pour que l’outil que sont les consultations publiques dans un processus d’acceptabilité sociale prenne en importance. La ville a dû essuyer l’échec de la mise en œuvre du grand projet du Casino et de salle de spectacle pour le Cirque du Soleil, pour enfin élaborer cet outil qui allait intégrer pleinement le citoyen au processus décisionnel.

Comme mentionné plus haut, ce procédé d’acception citoyenne est unique au monde. Depuis 2011, il fait objet d’études dans des grands congrès des sciences sociales tel l’ACFAS (Association francophone pour le Savoir). De même, s’est tenu un séminaire international à Amsterdam en 2012, qui avait pour thème : « Pour une construction de la ville partagée : l’adhésion des citoyens »3 , dans lequel le procédé montréalais a été sujet à étude de cas. Plus en détail, les questionnements et objectifs abordés lors du séminaire étaient : comment faire appel à l’intelligence collective pour co-concevoir les projets? Comment impliquer les citoyens à toutes les phases du projet? Comment faire pour que leur participation soit intégrée de façon efficace? Faut-il rechercher à tout prix le consensus? Comment articuler le dialogue pour mieux résoudre conflits et blocages éventuels?

Enfin, pour revenir à aujourd’hui, lors de ce même sommet, plusieurs plans et stratégies furent adoptés dont l’intention de développer une vision concertée de développement de la ville sur un horizon de 20 ans en fonction de trois axes : vivre et grandir à Montréal / travailler et étudier à Montréal / aménager la ville. Cette intention a même fait l’objet de l’ajout d’un article dans la Charte de la Ville de Montréal, l’article 91, qui est ce que nous appelons aujourd’hui, le Plan de développement de Montréal (PDM). Il dit ceci :

La ville doit élaborer un plan relatif au développement de son territoire qui prévoit notamment les objectifs poursuivis par la ville en matière d’environnement, de transport et de développement communautaire, culturel, économique et social.

Donc, l’an dernier, en raison de la portée éventuelle de ce plan de développement, des citoyens et des associations ont soutenu auprès des autorités municipales, l’importance de le soumettre à une consultation publique menée par l’OCPM.

Pour le bon déroulement des consultations, la Ville de Montréal a établi un guide de bonnes pratiques4 . Comme indiqué plus tôt, la ville s’engage dans un premier temps à informer, cela, en établissant un Plan directeur5  et, ensuite, elle s’engage à prendre en compte les interventions citoyennes à l’intérieur de délais respectables. Par intervention nous entendons que les citoyens sont invités à poser des questions lors des séances d’information, par la suite à produire des mémoires et à soumettre oralement leur recommandation devant la commission s’ils le désirent. Suite à ces étapes ardues, la commission est tenue de produire et rendre public un rapport qui, d’une part, rend compte des préoccupations et des opinions émises et, d’autre part, qui les analyse et en tire des conclusions, un avis ou des recommandations.

 – Pourquoi en tant que citoyen devriez-vous prendre part à ce processus?-

Les mémoires sont des documents très porteurs pour la commission, ce sont des outils propices pour arriver à cerner des enjeux locaux d’aménagement et de développement, pour combler et enrichir le Plan directeur, renforcer les idées clés, mettre l’emphase sur les enjeux centraux de la ville et créer de nouveaux concepts. En d’autres mots, c’est un bel exercice d’intelligence collective, la ville seule ne peut avoir œil et oreille sur toutes les activités de son territoire et, même si plusieurs experts participent à un projet, sans le recul qu’offrent les consultations et l’avis citoyens des morceaux peuvent manquer au casse-tête.

 Dans les dernières lignes, nous avons essayé de faire valoir l’importance de participer à la vie publique en tant que citoyen, mais notez que la consultation autour du PDM fracasse des records de participation, pour la première fois toutes les conférences de la première étape, le volet information aux citoyens, sont présentes en ligne et cela, sans compter l’intégration de la plateforme YouSayCity. YouSayCity6 , c’est une plate-forme de consultation publique en ligne développée à Montréal par Pierre Beaudreau, un étudiant à l’Université McGill. Elle permet de représenter les projets urbains en 3D à travers une carte interactive, cette nouvelle technologie est gratuite et utilise une carte générée par Google Earth. L’utilisateur peut y observer tous les angles des projets en lien au PDM et leur mise en contexte dans la ville, il peut aussi partager et discuter les projets ou encore créer du contenu en ajoutant des liens, des images et des modèles en 3D. Donc, en plus des traditionnels mémoires et présentations, la population peut collaborer au PDM par cette technologie.

Nous vous invitons à explorer les références ici-bas pour des informations détaillées sur les différents thèmes abordés, de même que la section mémoire du présent site web où vous pourrez vous familiariser avec les différentes formes que peut prendre un mémoire.

-Bibliographie-

-Office de consultation publique de Montréal. 2013. Plan de développement de Montréal. En ligne. <http://www.ocpm.qc.ca/pdm>. Consulté le 7 septembre 2013.

-Lehmann, Valérie. 2013. « De Manic-5 au Plan Nord, qu’avons-nous appris? Le cas du gaz de schiste au Québec ». In Communication et grands projets, les nouveaux défis, sous la dir. de Valérie Lehmann et Bernard Motulsky, pp. 3-28, Québec : Presses de l’Université du Québec.

 

  1. Ville de Montréal. 2005. Le défi de la participation. En ligne. <http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/page/prt_vdm_fr/media/documents/consultation_participation_fr.pdf>. Consulté le 7 septembre 2013.
  2. Savard, Jean. 2013. « De l’immobilisme à l’appropriation citoyenne : regard sur le processus d’acceptabilité sociale à Montréal ». In Communication et grands projets, les nouveaux défis, sous la dir. de Valérie Lehmann et Bernard Motulsky, pp. 45-80, Québec : Presses de l’Université du Québec.
  3. La Fabrique de la cité. 2012 (6 novembre). Pour une construction de la ville partagée : l’adhésion des citoyens.  En ligne. <http://www.lafabriquedelacite.com/publication/synthese-du-seminaire-pour-une-construction-de-la-ville-partagee-ladhesion-des-citoyens. >. Consulté le 7 septembre 2013
  4. Ville de Montréal. 2005. Le défi de la participation. En ligne. <http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/page/prt_vdm_fr/media/documents/consultation_participation_fr.pdf>. Consulté le 7 septembre 2013.
  5. Outil qui sert à diffuser l’ensemble des mouvements nécessaires pour permettre l’évaluation, la quantification et l’organisation des processus à mettre en place pour apporter les changements à une structure.
  6. http://www.yousaycity.com/

  Rédigé par Marie-Claude Plourde

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