Suite aux chroniques de Messieurs François Cardinal [1]et Jean-Claude-Marsan concernant les trois projets porteurs pour le réaménagement du Vieux-Port, j’expose ici un point de vue similaire et complémentaire à la réponse écrite par Monsieur Jean-Claude Marsan «le-silo-no-5-un-projet-porteur-pour-le-375e ». Au cours de la dernière année, j’ai travaillé sur le réaménagement du secteur de la Pointe-du-Moulin, où est implanté le Silo Numéro 5, pour mon projet terminal en Maîtrise en design urbain. De là, une proposition in situ est née.

Photo-montageÉlévateur à grain numéro 5 : relation intérieur-extérieur (Source: Nancy Dubeau)

 

Comme le soulignent Messieurs Cardinal et Marsan, je crois également que le Silo numéro 5 serait un endroit évocateur et porteur de sens pour célébrer les festivités du 375e de Montréal et le 150e de la Confédération. En effet, ce bâtiment-machine et méga-structure, qui permettait d’entreposer, calibrer, peser, trier les grains de céréales qui arrivaient par train de l’Ouest canadien, est un vestige de l’époque industrielle de Montréal, l’âge d’or de notre métropole. «Ces structures imposantes sont de véritables témoins de notre histoire économique et sociale.», pour reprendre les paroles du Michel Lesage, alors Vice-Président du Port de Montréal, lors d’une journée d’étude portant sur l’avenir du Silo numéro 5 et de son secteur, en 1997.

Ayant eu la chance d’entrer deux fois dans le ventre du Silo, il est vrai que la vue panoramique unique offerte sur son toit, d’une hauteur équivalente à 16 étages (42 mètres), nous permet de contempler l’ensemble des icônes montréalais. L’idée d’une terrasse aménagée en hauteur, est bien sûr, non négligeable dans la revitalisation de cet immeuble. Toutefois, ce qui m’a frappé le plus durant mes visites, est l’immense et impressionnant rez-de-chaussée de l’Élévateur B (Section la plus à l’Est): de part et d’autre d’une voie ferrée centrale, s’y trouve une forêt de colonnes de béton, poulies et structures d’acier incrustées au plafond. [2]Cette salle est l’endroit où les grains étaient recueillis dans des conteneurs, lesquels partaient ensuite par train ou par bateau. Ces deux éléments (toit et rez-de-chaussée) pourraient-ils être accessibles au public dans le futur projet? Pourrions-nous penser à une fonction qui conjugue public et privé, permettant à tous de pouvoir y accéder? Et, qu’en est-il du Silo dans son ensemble industriel, soit la Pointe-du-Moulin?

Ayant fait des recherches et propositions d’aménagement, au cours de la dernière année, la Pointe-du-Moulin est un endroit unique à Montréal. Avec ses méga-structures implantées sur un espace assez restreint et le paysage urbain sillonné par des convoyeurs aériens, on est transporté dans un décor vivant de Métropolis (Fritz Lang). Sous le quai de la Pointe-du-Moulin, des lots hydrauliques permettant autrefois le fonctionnement des usines implantées, sont toujours nichés. Je crois qu’il serait vraiment intéressant de faire renaître ses vestiges souterrains, à travers un espace public, comme les équipements réalisés près de l’île de la Visitation, par exemple.

cartes_anciennesHisorique du site (sources: BANQ )

Or, ce «territoire-machine » n’est pas que vestige du passé. D’un côté, l’édifice de la Farine Five Roses fonctionne toujours, avec le va-et-vient des camions et wagons. De l’autre, deux bâtiments de l’époque industrielle se reposent : Silo numéro 5 et la meunerie Rozon. De là, toute la problématique de ce site : trouver l’équilibre entre le passé et le présent, soit entre des vestiges et des industries toujours actives; et de futures activités récréo-touristiques. De plus, assurer un lien via les transports actifs et collectifs, avec ses secteurs adjacents. La voie ferrée déjà présente, qui relie le Vieux-Montréal et la Pointe-du-Moulin, pourrait-elle servir à titre de passerelle piétonne, par exemple?

Comme Monsieur Cardinal et Marsan, je souris à l’idée que le projet porteur pour le 375e soit le Silo numéro 5, mais…considéré dans son ensemble industriel svp ! L’avenir du projet du Silo numéro 5, n’est pas de simplement de se préoccuper «en silo» de la fonction du bâtiment, mais de s’assurer qu’il s’arrime bien dans une stratégie de développement cohérente pour l’ensemble du secteur de la Pointe-du-Moulin. Par exemple, la High Line à New York fonctionne, étant reliée à un ensemble d’activités connexes tout le long de sa colonne vertébrale. Le silo pourrait être un élément attractif, incluant des commerces au premier niveau et bordés par des espaces publics intéressants, par exemple.

Pour le 350e de Montréal, le Vieux-Montréal a fait peau neuve : réaménagement de places publiques majeures, dont le Champ-de-Mars, la Place Jacques-Cartier, l’esplanade de la Commune, etc. Pouvons-nous penser à poursuivre cette revitalisation et ce réaménagement vers l’Ouest, soit la Pointe-du-Moulin pour le 375e? Par la présence majestueuse d’objets phares de l’époque industrielle de notre ville, cette pointe mérite une réflexion d’ensemble du secteur.

partie centrale_silo no 5_1920La partie centrale du Silo à grains n° 5 en 1920 (Source: Musée McCord)

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Références

 

Sources:

Rédigé par  Nancy Dubeau

Une réponse à “Le Silo Numéro 5 et son secteur : pour célébrer le 375e de Montréal !”

  1. Eli dit :

    C’est impressionnant que ce silo existe toujours, et j’espère qu’on peut trouver un équilibre entre ancien et nouveau pour que cet espace-là reste toujours utile. Bien que le silo ne soit probablement pas utilisé depuis long temps, c’est un bon souvenir du progrès de la ville. Je serais bien curieux de savoir si les vieux silos comme celui-ci peuvent toujours être utilisés s’ils sont bien entretenus.

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