L’ADUQ est fière d’annoncer les lauréats du concours étudiant «La ville de l’intensité», présenté lors des Saisons du design urbain à Québec, cet automne!

Charrette de l’atelier/laboratoire en design urbain de l’École d’architecture de l’Université Laval

Cette édition de la charrette porte sur le potentiel de transformation de différents lieux de la ville contemporaine par une posture de création tactique :

« Bien que les interventions tactiques sont de plus en plus nombreuses et très variées, les limites à ce type d’action sont multiples : les restrictions de propriété, le cadre règlementaire, l’investissement, la difficile mobilisation, etc. En même temps, des critiques se font entendre concernant cette manière « organique » d’intervenir qui souvent s’attaque à des défis « à la pièce », sur de petits morceaux de ville, sans assez s’attarder aux problèmes de manière systémique ou aux continuités urbaines. Certains s’inquiètent que la quête d’un capital « culturel », à travers des installations à connotation plus hermétiquement artistiques ou formelles, nuise à la construction d’un véritable capital social ou écologique (Deslandes, 2013). Certaines manières de réinvestir les lieux peuvent aussi contribuer à l’embourgeoisement d’un quartier. L’objet de ce concours est de réfléchir, dans l’esprit de l’urbanisme tactique, à un projet d’intervention orienté sur la transformation de lieux oubliés ou délaissés, avec à la fois un impact social marquant pour une communauté et un potentiel structurant pour la ville ». 

Les membres du jury :

  • Léa James, designer urbain (représentante ADUQ)
  • Jean Jobin, designer urbain et professionnel en architecture retraité (représentant ADUQ)
  • Nik Luka, professeur, Architecture + Urban Planning, McGill University
  • Simon Parent, designer urbain, Les Malcommodes
  • Jean-Philippe Simard, designer urbain et chargé de projet à La Pépinière | Espaces collectifs et à l’Atelier Le Banc

 

/// LES PROJETS

Le roi de la Montagne

LE ROI DE LA MONTAGNE

Philip Cloutier, Frédéric Paquet et Carolane Tremblay

Intensifier l’espace public hivernal en soulignant le potentiel de se divertir autrement et en créant une anticipation face à la saison froide.

  1. Chacun d’entre nous se rappelle certainement du jeune temps ou les jours de tempêtes nous procuraient quelques-unes des périodes les plus trépidantes de l’année. Mais quels changements se sont produits afin de perdre cette anticipation face à l’hiver? Le Roi de la montagne est un aménagement urbain éphémère qui tonifie les espaces urbains souvent délaissés en hiver afin de leur redonner leur intensité et vigueur d’été.
  1. Présente dans chaque quartier, la cour d’école permet aux enfants de s’approprier l’hiver à leur façon en s’amusant dans la neige, même si les installations de jeux ne peuvent être utilisées lors de cette saison. Le Roi de la montagne propose de s’inspirer de ce phénomène observé dans la cour d’école et de l’insérer dans la routine monotone d’un adulte moyen. La cour d’école réinterprétée est composée d’une promenade sinueuse, de points de chaleur et de points d’activités, tous annoncés par une lanterne dont l’accessibilité demeure une quête ambiguë pour plus d’un.
  1. À l’approche de l’hiver, l’installation de la lanterne au halo chaleureux et de ses aménagements hivernaux rassemble les curieux. Avec le début de l’accumulation de neige au pied de la lanterne, les citoyens commencent à s’approprier l’espace. L’atteinte de la lanterne devient une quête en soit, même n’ayant pas de fonction précise ou connue. La neige devient une composante positive. Le retour à l’enfance des gens du quartier est indéniable. Chaque nouvelle tempête rend cette attente de plus en plus palpable. Finalement, lorsque l’hiver bat sont plein et que l’accumulation de neige est importante, il est désormais possible d’atteindre le sommet de cette lanterne. Le citoyen devient le Roi de la Montagne.
  1. Les espaces publics hivernaux doivent offrir davantage de possibilités pour les citoyens afin qu’ils se les approprient et que la ville s’intensifie, et ce, même durant la saison froide. Le Roi de la montagne permettra aux villes nordiques de conserver la vitalité de l’été, même l’hiver. On s’imagine facilement que cette installation s’applique à l’échelle de la ville afin que chaque quartier puisse profiter de leur nouvelle cour d’école

 

Tissé Serré

TISSÉ SERRÉ

Yannick Beaumont Pelletier, Maryse Béland , Andrée Brunet et Florence Côté

Un plaidoyer pour une rue équitable

L’encadrement de la voie publique par l’avènement de l’automobile a changé dramatiquement le rapport du piéton à l’espace public et a engendré une perte de qualité de la ville contemporaine (Gehl, 2006). Combiné à la tendance du retrait vers l’espace domestique ou semi-public, l’appauvrissement de nos espaces publics est criant. Tissé-Serré s’attaque aux discontinuités et incohérences des rues de la ville conviviale et prône la reconquête de la voie publique pour les usagers négligés. L’intervention s’installe sur le pont Dorchester qui relie les quartiers de Limoilou et de St-Roch. Afin de retisser ces deux quartiers foisonnants d’intensité urbaine, pallier à un contexte plus cohérent et améliorer l’expérience des passants, il est essentiel de réaménager la voie publique de façon plus équitable entre tous les usagers.

L’intervention désire extirper le piéton de la platitude qu’engendre la monotonie de la traversée. Elle attire son attention sur sa position et sur ce qui l’entoure : les rives de la rivière Saint-Charles, un paysage au caractère pourtant charmant. Les cordes s’accrochant aux lampadaires enrobent le pont d’un parcours sinueux, réduisent la largeur de la chaussée et diminuent le nombre de voies automobiles. Elles octroient une mise à l’écart sécuritaire du piéton comme du cycliste et laissent place à une circulation adoucie. Dès lors, la qualité spatiale prend place et devient influente sur l’éveil du passage. En plus de protéger, l’installation permet une répartition du tablier plus équitable entre ses utilisateurs.

Et si on poussait l’expérience plus loin? Le pont pourrait-il être plus qu’une simple connexion ? Un troisième lieu pourrait-il prendre place sous l’installation ? Le troisième lieu est une destination émergente qui supporte et encourage l’interaction sociale. Celui-ci catalyse une vie publique «informelle» pour venir pallier à l’isolation et la solitude du monde contemporain (Oldenburg, 1999). Le pont reprendrait une intensité dissimulée en y aménageant du mobilier urbain, de la végétation et, pourquoi pas, des services tels qu’un réseau internet sans fil. Ces éléments permettraient d’occasionner des rencontres impromptues, voire même organisées. Tissé-Serré exalte la voie publique pour la communauté et devient un lien cohérent et continue entre les quartiers tant appréciés. En transformant avec peu de moyens un pont monotone et ennuyeux où l’automobile domine, l’univers de la transition se retrouve magnifié. Tissé-Serré ravive l’attraction du parcours du pont Dorchester tout en laissant place à une atmosphère séduisante, où les citoyens peuvent s’approprier l’espace qui leur revient.

 

projets-etudiants-03

iCÔNE

David Diedrich, Lucie Palumbo et Maxime Tremblay

Ça y est, elle est là, plus vraie que vraie, ce n’est pas aujourd’hui, c’est demain; la réalité augmentée est à vos portes, ou peut-être même sous votre nez.

Dans un monde où les limites, matérielles, physiques comme géographiques s’amenuisent au rythme effréné des «j’aime», «vu en direct» et partages algorithmiques en tout genre, qu’advient-il des impulsions senties, des influx et stimuli éternels (lire étouffés) émanant de notre environnement immédiat?

Le projet iCône propose une forme de réalité augmentée, sans recours au virtuel, qui consiste à injecter les corps dans la réalité urbaine et se focalise sur l’animation, la communication afin de permettre une immersion absolue dans la vie réelle. Le pari n’est pas si excentrique puisque les ingrédients de l’intensité de la vie urbaine y sont déjà…sous nos yeux souvent trop rivés vers la fenêtre de nos écrans, celle d’un quatrième lieu.

Qu’il s’agisse se laisser envelopper par la chaleur d’un feu de camp, de rêvasser sous la canopée d’un arbre fruitier, d’en cueillir les fruits savoureux une fois la saison venue, de se laisser envouter par les airs d’un concert improvisé, de s’imprégner de l’arôme des fleurs sauvages, l’idée est de placer l’Homme au coeur de l’intensité urbaine, augmentée, amplifiée par la géométrie conique de ces nouvelles agoras.

 

Temps qua y etre

TEMPS QU’À Y ÊTRE

Marie-Eve Dionne, Kim Sansregret et Frédérique Trottier

Rendement, performance, croissance sont les mots d’ordre de la société moderne. Soumis quotidiennement à ces pressions, le citadin développe de grands maux : stress, dépression, anxiété. Aux grands maux, les grands remèdes ! « Temps qu’à y être » transformera le mal de vivre quotidien en moment ponctuel propice au laisser-aller.

Ces moments pourront se développer dans les espaces interstitiels de la ville où jailli une grande intensité urbaine. Cette dernière peut être qualifier comme étant un phénomène social et spontané prenant place dans les interstices de la ville et rendu possible grâce à la posture active des citadins qui interagissent avec leur environnement, créant ainsi de nouvelles opportunités de rencontres et d’échanges inattendus.

En parcourant les différents interstices urbains, un espace bien connu attire l’attention : le coin de rue. Et si le ludique venait prendre possession de cet interstice ? Qu’adviendrait-il de ces comportements, si les coins de rue devenaient soudainement, le temps d’une lumière, des terrains de jeu ?

Happé dans son parcours quotidien, le citadin se voit transformer par la surprise déposée sur son chemin. La montagne de LEGO colorés pique la curiosité du piéton et l’amène à se questionner. Le jeu s’amorce lorsqu’un courageux se lance et déplace un LEGO, une réaction en chaîne s’en suit. Le plaisir est au rendez-vous, l’intensité urbaine est à son apogée. Cette installation transforme les frustrations et impatiences des citadins en un lâcher-prise temporaire qui se répercutera assurément sur leur humeur tout au long de la journée.

Alors, la prochaine fois que tu seras confronté à la main orange, dis-toi ‘’Temps qu’à y être ! »

 

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