Cet été, dans une certaine indifférence, la Ville a peut-être sans le vouloir jeté les bases d’une nouvelle approche pour la réfection des rues dans les quartiers centraux. La 12e rue, devant l’école Saint-Fidèle, a été complétement remodelée afin de régler de graves lacunes de sécurité. Le résultat permet toutefois d’envisager l’application du modèle à d’autres rues.

Depuis quelques années, les parents et la direction de l’école Saint-Fidèle ont régulièrement pointé du doigt l’importante largeur de la 12e rue comme la cause d’une vitesse élevée du transit automobile et comme la source des problèmes d’insécurité à l’entrée et à la sortie des classes. La largeur de la rue était telle que les voitures contournaient l’autobus scolaire malgré la mise en fonction des feux d’arrêt.

La réfection de la rue par la Ville de Québec visait donc à sécuriser l’artère tout en la rendant plus conviviale pour les piétons. Près de deux mètres de chaussée ont été retirés, permettant d’élargir les trottoirs et de redonner des espaces en façade des bâtiments, espaces qui pourraient facilement accueillir de nouvelles plantations d’arbres qui réduiraient du même coup les effets d’îlots de chaleur. Même si les plantations ne sont pas encore réalisées (rappelons ici qu’un programme de la Ville permet aux propriétaires de recevoir des plantations en façade gratuitement), les résultats au plan de la sécurité sont probants : les véhicules circulent beaucoup plus lentement et les traversées piétonnes sont favorisées.

Seule ombre au tableau : alors que tous tentent d’encourager les jeunes à utiliser leur vélo pour se rendre à l’école, aucune voie cyclable n’a été planifiée.

Cette expérience pour le moins étonnante devrait influencer une réflexion sur le statut de quelques artères du quartier, démesurément larges, où l’absence d’arbres en bordure de la rue contraste fortement avec les rues au cœur du quartier. Les 14e, 15e, 16e et 17e rues pourraient-elles donc tour à tour être transformées à l’image de la 12e rue ? L’intégration de sens uniques (à l’image de la plupart des rues du quartier) pourrait favoriser cette mutation. La 4e Avenue, où la vitesse automobile est un fléau et où plusieurs intersections sont particulièrement dangereuses, pourrait aussi être remodelée.

Difficile de savoir si la Ville pourrait poursuivre en ce sens, mais le futur plan de quartier pourra assurément proposer cette initiative ! L’idée est lancée !

rédigé par Érick Rivard
Membre de L’ADUQ
et rédacteur sur le blogue Mon Limoilou